Rencontre du 31 mars 2017


Compte rendu de la rencontre des Cafés associatifs du Gers (ou autre)


Vendredi 31 mars 2017 à l’Abri des possibles, Auch


Compte-Rendu - Aline (avec photos)

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Compte-Rendu - Katia

La rencontre a commencé à 14h et s’est déroulée jusqu’à 17h passées.
Elle a été proposée par Olivier Claes de l’Association « Chez les Voisins » de Montesquiou, qui avait demandé à chaque « groupe » d’amener 3 objets représentatifs de leur lieu ou projet.
Nous étions très nombreux (une petite trentaine ?)!


Premier temps : Présentation des participants

En premier lieu chaque groupe, association, lieu ou projet s’est présenté.

1. Chez les Voisins, Olivier Claes + un autre Olivier
C’est un lieu privé, pas encore ouvert, enfin, sur le point d’ouvrir très exactement. Le lieu a été en chantier pendant 1 an. Ces travaux ont été l’occasion de rassembler beaucoup de monde, ce qui fait dire à Olivier que ce genre de projet crée du lien en milieu rural, et permet aux gens de se retrouver sur un lieu précis.
Chez les voisins n’est pas une association, c’est une collégiale de 4 personnes. Elle compte pour le moment 25 adhérents environ.

2. Café associatif d’Auch, l’Abri des Possibles
Thierry, Abbas, Marie-Sylvie, Elodie, Stéphane
Le projet à démarré l’été 2015 par un concert de soutien. Ensuite il s’est poursuivi par des travaux à l’automne et n’a réellement ouvert qu’en janvier 2016. Les activités sont nombreuses, essentiellement culturelles, spectacles, ateliers, yoga. Le projet mise beaucoup sur la mixité culturelle et sociale, met en avant la bienveillance, son activité militante (bio, de gauche !), son ouverture à toute initiative. L’asso a beaucoup de soutiens et de partenaires à Auch. Le café est ouvert quasiment tous les jours de la semaine à des horaires variés, ne sert de l’alcool qu’à l’occasion des fêtes et concerts ou du vendredi soir « apéro ».

3. Le Château neuf des peuples (château NDP) à Belmont
Camille, Léo et Magali
Ici c’est le lieu qui a crée l’association. C’est un château donc, qui a été acheté en SCI par deux copains, Léo et Camille (Camille étant un garçon, je précise) très récemment (en janvier). C’est donc un lieu privé mais dont la vocation est d’être ouvert aux artistes, aux sociétés (activités économiques), voire à d’autres associations pour des stages, des résidences, etc. Là encore l’idée est de créer du lien sur le territoire, mais aussi de rénover du patrimoine.

4. Jérémy : Réseau Kopané / la coopérative d’activité Kopané à l’Isle-Jourdain
Jérémy s’intéresse à toutes les idées de collectivisation, à tous les « co » comme il dit. Il a d’ailleurs amené un livre : Le nouvel art des co, covoiturage, coworking, cohabitation, etc… Il voudrait à terme proposer un maillage sur tout le territoire (du Gers ?), une mise en réseau des lieux alternatifs.

5. Restaurant d’insertion « le Comptoir des colibris » à Cologne
Florence
Le Comptoir Des Colibris est une entreprise solidaire et d’insertion. Nous accompagnons des personnes dans un projet personnel ou professionnel. Avant tout un lieu d’échange et de partage, créé en 2014 sous forme d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif, à but non lucratif) sous l’impulsion d’habitants du territoire. C’est un lieu culturel, solidaire et d’animation. Il compte 37 sociétaires du projet, qui font vivre le lieu et prennent les décisions en coopération et en assemblées. Il a aussi des salariés associés ou pas selon leur souhait. Ce restaurant est un lieu de vie où l’on retrouve des valeurs fédératrices comme la création d’embauche, le soutien à l’économie locale par une utilisation de produits locaux, le partage grâce aux activités culturelles proposées et la convivialité du lieu.
Les différents objectifs du lieu :
*dynamiser le territoire en créant un lieu convivial, attractif, citoyen, d'animation locale
*créer du lien social en favorisant les rencontres entre habitants de tous âges et de toutes origines sociales et culturelles et en soutenant les initiatives des habitants
*favoriser l'insertion d’un public en difficulté, éloigné de l’emploi en créant des emplois, proposer une activité salariée, dans un cadre sécurisant et structurant
*favoriser les initiatives de personnes en les accompagnant dans leurs démarches à partir du café. Restaurer la confiance en soi.
*s’inscrire dans une démarche de développement durable et dynamiser le tissu économique local rural en favorisant les circuits courts (producteurs locaux) en utilisant de bons produits locaux et frais dans la restauration proposée. Elle se concentre ainsi sur une cuisine inventive basée sur des produits frais, de saison et locaux du terroir gersois.

6. Association « Remue-méninges » à Anères (65)
Patrice, Yassin
C’est une association ancienne déjà, qui date de la fin des années 90, créée au départ autour d’un festival « du cinéma muet et du piano parlant », pendant le week-end de Pentecôte. Ensuite, un événement à été proposé tous les 22 du mois, et ça fonctionne comme ça depuis des années : on sait que tous les 22 à Anères, il se passe quelque chose. C’est souvent autour du cochon. Tout à l’exception du festival est en prix libre. Le lieu est d’ailleurs une grange ouverte, au cœur du village, et chacun peut y venir et tenir le bar s’il veut ! Cela s’appelle tout simplement « le Café du village »

7. Projet d’Eauze
Katia et Patrice, vous connaissez ?

8. Café associatif « l’Ouverture » à Mauvezin
Jérôme, Sébastien
Ouvert le 11 novembre dernier. Autour d’un noyau dur d’une dizaine de personnes, très soudées : ce sont des gens différents, mais qui avaient envie de faire des choses, de dynamiser leur ville, de se rencontrer autour d’idées et de valeurs communes. Ces personnes se sont rencontrées pendant 1 an tous les mois avant de se sentir prêtes. Il y a eu un gros travail de fait autour des relations humaines. Ils ont cherché un lieu, ils ont demandé à la mairie, … Il y a eu un événement proposé le 11 novembre dernier, une soirée à la salle des fêtes, et c’est grâce à cette soirée que le projet a réellement démarré. Un restaurant « la Grande Ourse » leur a mis une salle à disposition. Depuis, ils ont fait 4 ou 5 soirées, et sont beaucoup plus « visibles ». Ils comptent 200 adhérents, entre 35 et 40 personnes participent de près ou de loin, autour du « noyau dur » initial des 10 personnes. Là encore c’est une collégiale, pas de président, ni de trésorier.

9. Association « Lapanaga », camping du Mouton noir (Cologne)
Patrick
Association qui gère les activités sur un lieu privé, le camping du Mouton noir, à Sainte-Anne, près de Cologne. Le camping existe depuis 2008. C’est un petit lieu d’accueil, mais qui a une volonté de faire pas mal de social : Laurence et Patrick connaissent bien et travaillent avec des éduc. de rue de Toulouse pour faire venir des « jeunes des cités » à la campagne. Ils y organisent des ateliers variés (comme du cirque par exemple), des concerts (chapeau + prix libres pour les boissons). Autre projet : accueillir des femmes en difficulté, notamment victimes de violence pour qu’elles puissent se ressourcer (projet en partenariat avec d’autres asso. et collectivités).

10. Christophe : électron libre, itinérant, a passé du temps dans le 47 sur un projet collectif qui a capoté, cherche un lieu, s’intéresse, et est là en curieux.

11. Projet de café associatif à Condom
Annie et Anne-Marie
C’est un petit groupe de personnes qui est à l’origine du projet : il y a eu une diffusion de faite, et une première réunion a été faite dans une salle prêtée par la mairie, où une vingtaine de personnes sont venues. Il semble que peut-être une dizaine de personnes s’impliquera de manière soutenue. Le projet tourne autour de propositions culturelles, d’un lieu ouvert, d’un café associatif, de concerts, de projets artistiques. En fait ils voudraient pouvoir réunir et/ou fédérer des initiatives éparpillées et peu visibles. Et en tout cas faire quelque chose à Condom dont le centre ville manque beaucoup de dynamisme, et qui semble même mourir !

12. La cantine de la Peñac, Marciac
Pia (et Ludo absent)
Au départ, c’est une petite salle de concert, en plein centre de Marciac. Ce lieu existe depuis 2011, créé par un couple, Pia et Ludo, musicien. Le lieu propose des concerts le week-end avec de la restauration bio et locale. Mais l’entreprise ne fonctionne pas très bien et a du mal à s’intégrer dans le contexte très commerçant de la place. En 2015, ils décident de tout remettre à plat et de voir ça autrement. C’est là qu’ils créent l’association, la Cantine de la Peñac, qui doit animer, gérer le lieu de manière alternative, associative. Il y a eu plusieurs belles actions de menées, un café des enfants, une gazette,… En 2016, Pia a fait 2 formations qui l’ont beaucoup fait évoluer, sur le thème de la « sociocratie » et de la gouvernance partagée. C’est à l’issue de ces formations qu’ont été rédigé les statuts définitifs de la Cantine de la Peñac.

Deuxième temps : le temps de la réflexion


Nous nous sommes divisés en 4 groupes et nous avons « travaillé » sur des points particuliers.

Premier groupe

Il était question de créer un réseau informatique ou une plateforme numérique pour pouvoir partager les informations. Quelqu’un parle des outils Framasoft ou de Discourse, tous gratuits sur le Web. Ce sont des outils de mise en commun.
On parle aussi de l’intérêt de créer un blog où seraient archivés les comptes-rendus de réunions et les statuts de l’association, pour que toute personne nouvelle qui entre dans le mouvement puisse reprendre et se mettre à jour sur tout ce qui a été dit et fait avant.
Le café d’Auch et de Mauvezin racontent comment ils s’organisaient en petites commissions qui travaillaient sur certains points particuliers. Cela allégeait les implications de chacun.
On parle aussi de l’organisation en collégiale : chacun est responsable entièrement face au projet, l’implication de tous est également partagée. On cherche le consensus. Le « café de Mauvezin » parle aussi de la place qu’il faut faire aux nouveaux venus, les accueillir pour leur permettre de s’intégrer pleinement au projet. C’est une attitude que les « anciens » doivent avoir. Cela va avec le CA ouvert où chacun peut venir et voter pour les propositions. Pour le café d’Auch, il y a une petite nuance : pour pouvoir voter, il faut venir régulièrement aux réunions. Une personne ou un groupe de personnes qui viendraient pour la première fois ne pourraient pas voter. Cela permet de ne pas bloquer certaines décisions qui dérangeraient des intérêts particuliers.

Deuxième groupe

On parle de la différence entre les lieux plus urbains ou plus ruraux. C’est à réfléchir, à prendre en compte, même si cela n’empêche rien.
Quelqu’un soulève la question de l’autonomie : c’est très agréable de ne rien devoir à personne et d’être totalement libre de ses décisions, choix, etc.
On parle aussi du phénomène des réseaux Internet de chacun qui doivent être activés et qui peuvent faire venir du monde d’assez loin. D’autant plus que souvent, ce qui est constaté, c’est que les « autochtones » ne s’impliquent pas vraiment dans ce genre de projets.

Troisième groupe et quatrième groupe

Ce qui n’a pas été évoqué par les autres : l’importance de bien réfléchir au démarrage sur un programme commun, des valeurs communes. En fait bien penser le projet au départ, prendre le temps de bien poser les choses est très important. Quelqu’un évoque un projet du Lot-et-Garonne qui n’a pas fonctionné par manque de définition claire au départ. Cela peut aussi se repréciser en cours de route, notamment suite à des crises : c’est fatiguant, mais finalement très constructif. Quelqu’un évoque l’effet très fédérateur des fêtes : ça redonne une impulsion, ça fait repartir les choses sur un bon pied en cas de crises.

Dernier temps de réflexion : Quels ponts garder de cette journée, quelles connexions ?

Quelqu’un parle d’un réseau de café associatifs en PACA qui fonctionne très bien : avec des mails qui tournent, ils s’envoient des artistes, se passent des tuyaux, etc. Ils organisent une réunion mensuelle (d’une journée), une réunion trimestrielle (d’un W-E) et une réunion annuelle (de 3 jours), avec des fêtes tous les soirs. (Patrice du 22 à Anères demande si on peut venir uniquement le soir ? Hihihi)
Anne-Marie du projet de Condom évoque le fait que toutes ces réunions ont un caractère assez lourd.
Patrick du camping du Mouton noir précise qu’il suffit de mettre les autres lieux en « ami » ou lien amis sur les pages Facebook ou sur les sites de nos lieux respectifs, mais d’éviter de s’envoyer des mails car cela en fait trop à décortiquer tous les soirs !
Le café d’Auch réfléchit carrément à faire circuler des bénévoles qui iraient à la rencontre des autres lieux, notamment ceux en création, pour aider, réfléchir ensemble. Il propose aussi de constituer une liste de diffusion (mail liste) qui concernerait les cafés associatifs du Sud-ouest. Il en existe pas mal, en dehors de ceux qui se sont déplacés ce jour-là, on évoque notamment le « Bouche à oreille », café associatif de Simorre et un autre lieu en création à Lombez. On parle aussi du « réseau culture Gers » créé par Laurent Chapuis.
Pour beaucoup il semble évident que la circulation des infos par mail ne doit concerner que l’organisation pratique et surtout pas la communication de fond entre les gens : si on œuvre dans le monde associatif, il faut se déplacer, se voir.
Pour d’autres il faut prendre l’habitude de diffuser, de partager, notamment en cas de déplacement pour se rencontrer, s’avertir pour faire du co-voiturage. On propose de faire l’inventaire aussi des nos ressources pour mutualiser le plus possible. Faire tourner des projets, des artistes. Le Château NDP propose de créer un document annuel imprimé qui mentionnerait les lieux et les dates de tous les événements, une sorte de Festival « Interlieux ». Quelqu’un mentionne aussi quelque chose d’intéressant : le fait de se regrouper, de se réunir tous ensemble permettrait « d’avoir plus de poids » face aux institutions. Cela donne de l’envergure, cela permet de créer une force de persuasion plus importante.
En tout cas continuer de se revoir.